y2o : À fleur de p-Eau
y2o de l’artiste Dominique T. Skoltz a quelque chose d’intemporel. Instantanément plaisante à l’œil, la vidéo évoque le temps en suspension, et le spectateur qui la regarde se retrouve comme élevé en apesanteur entre les murs d’Arsenal Montréal.
C’est dans entre les murs de cette fondation privée, située sur la rue William, à Montréal, qu’est exposée le film y2o, neuf chapitres poétiques au carrefour de l’installation audiovisuelle et de la vidéomusique. Totalisant 30 minutes, l’œuvre montre une femme (Vanessa Pilon) et un homme (Jacques Poulin-Denis) dans une sorte d’aquarium géant. Misant sur un défilement ralenti et accéléré de l’image, Dominique T. Skoltz porte notre attention vers le mouvement des bulles d’air, la texture évanescente des cheveux de la comédienne, la saillance des muscles du comédien et l’élégance de leur moindre geste, accentuée par la densité de ce milieu aquatique.
Ainsi, Skoltz évoque la dualité entre homme et femme, entre séduction et rejet, « entre oui et non », à la frontière même de la peau. Hors du temps et hors de l’espace, placés entre les vides de l’eau et de l’air, les comédiens entrent en lente collision, un choc qui s’avère sensuel et intime. En somme, le reflet des « polarités croisées dont sont faits les amours sans répit ».
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Après s’être dérobé à la trame sonore ensorcelante du film, on se dirige vers la 2e salle de l’exposition où se trouve y2o_duality. L’esthétique et la démarche autour de y2o ont été développées par Skoltz en une multitude de formats, et cette œuvre tentaculaire était également présentée à l’Arsenal. Membranes de haut-parleurs déchirées, écrans vidéo décortiquant l’œuvre y2o, photos de mégaphones soumis à 20 mégatonnes de pression… Chacun des objets approfondi les thèmes au cœur de l’exposition, permettant au visiteur de jeter un regard poétique sur les notions de communication, de relation et même d’érotisme.

Si vous vous laissez tenter par l’exposition (elle sera présenté jusqu’au 7 mai), profitez-en pour jeter un coup d’œil aux œuvres des autres artistes présentés dans la salle. Fascinante et géniale, Eternity de Nicolas Baier est une sculpture en acier inoxydable du mot « eternity » mesurant 3 mètres de haut! Réfléchissante comme un miroir, l’œuvre multiplie et déforme notre image à l’infini, nous plongeant dans la vision trouble d’un avenir qui demeurera toujours inconnu. L’Israélienne Tamara Kostianovsky a « cannibalisé ses propres vêtements » pour reproduire des quartiers de viande réalistes. Accrochés à d’authentiques crochets de boucherie, ceux-ci font écho au post-minimalisme de We The People de Danh Vo. L’artiste a construit, morceau par morceau, une réplique grande nature de la Statue de la Liberté de New York avant d’en disséminer les 250 pièces sur les 7 continents.
y2o_duality jusqu’au 7 mai 2016
Arsenal art contemporain
2020, rue William
Montréal, Québec
H3J 1R8
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